Samedi 11 Août 2012

Eglise de St-Julien-en-Vercors, 21h00
21h00 - Art nouveau

Ensemble “Musiques-en-Vercors”

Christophe Baska - Haute-contre
Florent Marie - Luth, Théorbe

La position de l’Angleterre est tout à fait particulière quant à la pénétration du mouvement baroque. On sait qu’à la faveur de leur situation insulaire, les Anglais ont toujours pu s’isoler, dans une large mesure, des courants européens et qu’ils mirent au point leur propre manière de produire et de consommer l’art. Mais il faut dire, en premier lieu, que les évènements politiques ont eu une influence considérable sur la production de l’époque et que la Révolution a totalement bouleversé l’activité musicale.

Historiquement parlant, il faut rappeler que Jacques 1er, qui symbolise l’avènement des premiers Stuart, prolonge l’âge d’or de l’ère élisabéthaine jusqu’en 1625, ce qui correspond très précisément à la disparition de plusieurs très grands musiciens : William Byrd (1623), Thomas Weelkes (1623), Orlando Gibbons (1625), John Dowland (1626) ou John Bull (1628). Cette époque marque l’apogée d’une musique de clavier, du virginal en l'occurrence, et la consécration d’une tradition dans la pratique du consort de violes de gambe.

À ces débuts du Baroque où règnent en Italie l’apparat et l’effet, les Anglais s’intéressent bien plus au contenu, à la profondeur de l’expression qu’ils découvraient chaque jour davantage en puisant aux sources de la subtilité polyphonique.

Issu d’une famille des musiciens reconnus, attachés à la cour d’Angleterre, compositeur précoce, prolifique, visionnaire, Henry Purcell (photo) est le plus grand représentant du premier baroque anglais. Malgré la brièveté de sa carrière de compositeur (il est mort à 36 ans), il a marqué par son empreinte la musique sacrée ou de circonstances, destinée à la cour, mais aussi celle destinée à l’usage privé dans les foyers ou celle destinée à la scène.

Au programme :
  • John Dowland : In darkness let me dwell - Flow my tears - Can she excuse my wrongs - Sorrow stay Now, o now I needs must part - Burst forth my tears
  • Thomas Robinson : Spanish Pavan, pavane pour luth seul
  • Robert de Visée : Suite en ré mineur pour théorbe
  • Anthony Holborne : Pavan-Gaillard, pour luth seul
  • Henry Purcell : ‘Tis nature’s voice - Here the deities approve - Thrice happy lovers - If music be the food of love - Music for a while - Now that sun hath veil’d his light

Christophe Baska (haute-­contre) :

Diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon en 2009 en Chant‐ Musique Ancienne, Christophe Baska se perfectionne auprès de Margret Honig, Howard Crook, Mireille Deguy et Annie Trolliet‐Cornut. Spécialiste du répertoire baroque, il chante aux côtés de Joël Suhubiette, Nicole Corti, Yves Rechsteiner, et Franck-­‐Emmanuel Comte avec lequel il enregistre “A Shakespeare Fantasy“ (airs et duos de Purcell). Il se produit comme soliste dans les festivals d'Ambronay, Vézelay, Uzès, Musiques-en‐Vercors et lors du dernier festival de Musique Baroque de Lyon dans les grandes Odes de Purcell avec Jean Tubéry (ens. La Fenice).

A l'opéra, il joue dans diverses productions de Didon et Enée de Purcell les rôles de l'Enchanteresse et de l'Esprit. Il a également été contreténor solo dans King Arthur de Purcell et incarné Cupidon dans Venus and Adonis de John Blow.

Il chante régulièrement en récital, accompagné aux luth et théorbe, un programme intitulé “If music be the food of love“ autour de J.Dowland et H.Purcell.

Cette prédominance baroque n'exclue pas les autres époques. Ainsi, en mars 2012, Christophe Baska participe en tant que soliste à la création mondiale de « Terre et Cendres » du compositeur contemporain Jérôme Combier, sur le livret d'Atiq Rahimi, mis en scène par Yoshi Oïda et dirigé par Philippe Forget, à l'opéra de Lyon.