Dimanche 12 Août 2012

Maison du Patrimoine - Villard-de-Lans, 11h00
Le voyage de Mozart à Paris

Sophie Magnien - Violoncelle
Sébastien Paul - Violoncelle

"Ma vie est ici tellement contraire à mon génie, mon plaisir, mon savoir et mon bonheur" : le constat de Mozart au cours de son dernier séjour parisien est sans appel. La France n'a pas su reconnaître le plus grand génie de son temps, qui voulait sincèrement se fixer à Paris. Que l'on songe à l'offre du corniste Rodolphe qui obtient pour lui, le poste d'organiste à Versailles pour une pension de 2000 livres annuelles. Mais Mozart déclinera cette proposition. Il semble qu'il ne se voyait pas vivre à Versailles. La ville royale lui rappelait‐elle Salzbourg ? Pourtant, tout commençait sous les meilleurs auspices.

A 22 ans, accompagné de sa mère, il prend le départ vers Munich et Manheim pour rejoindre Paris, la capitale où tout semble possible. Il arrive dans la cité parisienne, le 23 mars 1778. Grimm est toujours là pour apporter son fidèle soutien. Pendant que sa mère se porte mal et se fait saigner en juin, Mozart compose le ballet "les petits riens (K 299 b), qui est joué à la suite des œuvres des compositeurs célébrés alors, Piccinni et Anfossi. Si sa correspondance offre une surabondance combien précieuse sur les œuvres qu'il fait jouer -­ la Symphonie parisienne aux Tuileries, le 18 juin ‐, aucune mention sur l'architecture du Palais, l'urbanisme, le style de la ville. Il se montre étonnamment muet sur le cadre des espaces traversés et fréquentés, comme d'ailleurs il le fait pour les autres cités habités, Salzbourg, Vienne ou Prague.

Le Paris d'alors, où souffle la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, n'a que faire d'un Autrichien venu démontrer son génie. Sans appui véritable, Mozart ronge son os et n'obtient guère de poste ni de place à sa mesure. Visite capitale : il rencontre Jean‐Chrétien Bach, chez le Duc de Noailles à Saint-­‐Germain (19 août).

Mozart, comme son père, se montre d'une dureté surprenante vis-­à-­vis du goût de ceux dont il attendait tant : "les Français sont et restent des ânes ; ils sont incapables..." Son ambition est de composer un opéra, le seul genre qui le stimule au plus haut point, et dans lequel il a déjà montré sa valeur, dans le buffa comme dans le seria. Mais, sous le coup de la déception, il se plaint encore du Français : "si seulement cette maudite langue n'était pas si misérable pour la musique ! C'est abominable -­ la langue allemande semble divine en comparaison ! Et puis les chanteurs et les chanteuses (...) braillent à plein gosier, du nez et de la gorge !".

Sombre séjour, qui voit la mort de sa mère, le 3 juillet, décédée du typhus. Le lendemain, la dépouille d'Anna Maria Mozart est inhumée au cimetière Saint-­Eustache. Mozart attend le 9 juillet pour annoncer la mort de sa mère, à son père.

A travers sa correspondance exceptionnelle, nous vous contons un épisode de la vie du génie classique le plus célèbre de l’histoire de la musique. C’est un Mozart âgé de 22 ans, en route pour Paris, qui y imprime sa relation avec son père, y dévoile ses premiers amours, ses goûts artistiques, ses envies créatrices... Véritable témoignage historique, ces lettres nous informent sur le voyageur Mozart, et fourmillent d’anecdotes passionnâtes sur ses rencontres, la vie à Paris en 1778, la mode, les transports...

Véritables illustrations musicales, les œuvres jouées sont en rapport étroit avec le texte, puisque composées par des musiciens que Mozart rencontra lors de ce voyage et contemporains de cet événement.

Mêlant récit, lectures, musique, ce spectacle complet ravira les mélomanes et les passionnés d’histoire.

Au programme :
  • W.A Mozart / F. Danzi : 7 extraits des 24 duos, d’après des airs d’Opéra de Mozart
  • J.P Duport (surintendant de la cour du Roi) : Sixième sonate pour violoncelle et basse
  • W.A Mozart : Sonate en Sib Majeur pour basson et violoncelle KV 292
  • Lettres tirées de Correspondance (harmoniques / Flammarion) Mozart, lettres des jours ordinaires (Fayard)

Eglise de St-Martin-en-Vercors, 18h30
Bach & Cie