Vendredi 17 Août 2012

Place de la Mairie - Corrençon-en-Vercors, 18h30
Percu- sons

Philippe Cornus - Percussions

A l’origine, il y a l’improvisation. Le ferment majeur de l’évolution musicale est la recherche sur un instrument. Tous les instruments invitent à l’improvisation, mais les polyphoniques lui ouvrent un champ plus vaste et plus complexe. Depuis le guitariste en quête d’un accompagnement, en passant par les musiciens de jazz, l’improvisation fleurit en jaillissement de structures sonores maîtrises et aboutit à des œuvres d’art fugitives.

Philippe Cornus, nous propose un concert apéritif énergisant, autour de différents morceaux de son “cru“.

Philippe Cornus, percussionniste charismatique et investi, nous invite à concert découverte des percussions, offrant un voyage dans le monde des innovations sonores instantanées, inscrites dans notre mémoire collective. Il nous enveloppera de ses sonorités dynamiques et envoûtantes.

Un mélange coloré, savoureux et chaleureux qui donnera à ce moment intense un parfum estival et festif.

Philippe Cornus (percussions) :
Philippe Cornus découvre la musique et les percussions dans un cadre familial, dans lequel il se produit lors de concerts festifs en jazz. Lien entre oralité et l'écrit, improvisation, expériences pluridisciplinaires et théâtralité du musicien, vont désormais être les mots clés de sa démarche et de son parcours artistique.

Tout en se formant au Conservatoire National de Région d'Avignon (84), notamment avec André Jaume en Jazz, et au Conservatoire National de Région de Versailles (78) avec Sylvio Gualda, il multiplie les collaborations avec des structures prestigieuses (Orchestre National de l'Opéra de Paris, Orchestre Symphonique Lyrique d'Avignon, Chorégies d'Orange) et obtient des distinctions dans différents concours (Grand Prix Tremplin Jazz d'Avignon, lauréat du Concours International T.I.M de Rome).

Défricheur de nouveaux champs d'expression, intégrant la dimension théâtrale dans son jeu, passionné par les aventures interdisciplinaires, il participe à de nombreuses performances dans le cadre de collectifs d'artistes (Théâtre de Gagny, Marathon artistique de l'Isle sur la Sorgue, Théâtre de l'Etoile du Nord à Tunis, Musée d'arts américain de Giverny, Maison des Métallos à Paris ...), notamment avec les metteurs en scène Nicolas Slawny de la Compagnie Brouill'arts et Richard Dubelski, la chorégraphe italienne Giovana Velardi, les musiciens Alexandre Tharaud, Eric Lesage, Christophe Monniot, Philippe Deschepper, Wilfried Wedling, Jean-­François Ziegel ...

Actuellement Philippe Cornus est percussionniste de l’Orchestre de Besançon-­Franche-­Comté (25) et membre de l'ensemble Laborintus et du Trio Suo Tempore. IL se produit également au sein des ensembles de musique d'aujourd'hui comme Ars Nova, TM+ ou Court Circuit.

Titulaire du Certificat d'Aptitude, il développe une réflexion pédagogique sur l'enseignement de la percussion contemporaine : une pratique ouverte sur les musiques savantes et populaires liant l'écrit et l'oralité, le geste musical et le travail scénique. Il est actuellement Professeur de percussions au Conservatoire à Rayonnement Régional de Besançon (25).


Eglise de Lans-en-Vercors, 21h00
Voyages

Ensemble “Les timbres”
Anna Besson - Traverso
Benoit Laurent - Hautbois
Julien Wolfs - Clavecin
Mathilde Wolfs - Viole de gambe

L’Ensemble baroque Les Timbres, jeune ensemble de la région Rhône-­‐Alpes, propose de faire entendre dans ce programme les styles des compositeurs en voyage dans une Europe baroque conquise par l’Italie.

“Le goût Italien et le goût François, ont partagé depuis lontems, (en France) la République de la Musique ; à mon égard, J’ay toûjours estimé les choses qui le meritoient ; sans acception d’auteurs, ny de nation ; et les premiéres Sonades Italiénes qui parurent à Paris il y a plus de trente années [...] m’encouragerent à en composer ensuite [...].”

Cet extrait de la préface de Couperin aux Goûts-­réunis ou Nouveaux Concerts donne le ton de ce concert : tout au long du 18ème siècle, l’influence de la musique italienne sur l’Europe entière fut prépondérante. Couperin est parmi les premiers compositeurs français à vouloir réaliser ce mélange, qui tourna finalement à l’avantage de l’Italie, comme nous le montre la sonate (mot d’origine italienne) de Boismortier. Si chez Couperin, on était avant tout en France, huit ans plus tard à peine, Joseph Bodin de Boismortier (que l’on pourrait considérer comme le “Telemann” français, d’une part par la taille de son œuvre multiple, et d’autre part par sa modernité) abandonne tout à fait la suite de danses (où Couperin avait tout de même mis une Sicilienne) pour les mouvements italiens, dans des œuvres extrêmement spontanées.

Il n’y a pas qu’en France que ce style italien a fait des conquêtes; voici ce que le célèbre flûtiste et théoricien Johann Joachim Quantz (1697-­1773) nous dit en 1752 :
“Quand on sait choisir, avec le discernement requis, ce qu’il y a de meilleur dans le gout de la Musique de plusieurs nations : il en provient un gout melé, qu’on pourroit fort bien, & sans passer les bornes de la modestie, appeler à présent : le gout Allemand.”

Parmi ces nations, l’Italie est peut-­‐être celle qui influença le plus le gout Allemand, dont Telemann est l’un des champions. Il est impossible de parler en quelques mots de toutes les facettes de cet homme extrêmement productif et dynamique, que les critiques du 18ème siècle ont compté unanimement parmi les meilleurs compositeurs de son époque. Outre dans l’écriture musicale, l’influence italienne est visible fréquemment chez Telemann, comme dans le titre du volume des Essercizii musici, qu’il signa de Giorgio Filippo Telemann, ou dans l’anagramme Melante qu’il utilisa à plusieurs reprises. Telemann fut favorisé, le fait est marquant, au sein des compositeurs non seulement de sa génération, mais aussi de la suivante, initiatrice pourtant d’un nouveau style. Il est à cet égard très intéressant d’entendre l’évolution de ce style allemand chez le fils aîné de Johann Sebastian Bach, le génial mais mal compris Wilhelm Friedemann, dont le désastre de la carrière n’a d’égal que la qualité de sa musique. Ce programme nous amène enfin en Angleterre, où l’Italie s’invite même en personne ! En effet, Francesco Geminiani (élève notamment de Corelli), et Giuseppe Sammartini, tous deux italiens de naissance, effectuèrent leur carrière en Angleterre : Geminiani comme violoniste virtuose, compositeur et théoricien, et Sammartini en tant qu’hautboïste de Haendel (allemand, composant en style italien en Angleterre !). Si l’on ajoute que la famille de Sammartini était originaire de France, nous avons ainsi construit autour de l’Italie une Europe musicale d’une richesse extraordinaire !

Fruit d'une entente aussi bien humaine que musicale, l'Ensemble Les Timbres (anciennement Ensemble Estampes) a été fondé par trois jeunes musiciens issus d’horizons très différents : la violoniste japonaise Yoko Kawakubo, la violiste perpignanaise Myriam Rignol et le claveciniste belge Julien Wolfs. Tous les trois lauréats de concours internationaux (Concours de Violon Premio Bonporti, Concours de Viole de gambe Bach-­‐Abel de Köthen, Concours de Clavecin de Bruges, Concours de Yamanashi, ...), ils ont terminé leurs études dans de prestigieuses écoles supérieures (CNSMD de Lyon, Université des Beaux-­‐Arts de Tokyo, IMEP de Namur, Musikhochschule de Cologne, Conservatoire Supérieur d'Amsterdam), auprès de professeurs tels qu’Odile Edouard, Marianne Muller, Françoise Lengellé, Christian Sala, Menno van Delft, Rainer Zipperling, Marie-­‐Anne Dachy, Natsumi Wakamatsu ...

Peu après sa création, l'ensemble se distingua lors du Xème Concours International de Musique de Chambre « Premio Bonporti » (Italie ‐ 2008) avec un Quatrième Premio, le Prix du Public et le Prix Spécial du Jury pour la meilleure interprétation de la basse continue. L’année suivante, il remporta le Premier Prix du prestigieux Concours International de Musique de Chambre de Bruges (Belgique ‐ 2009), ainsi que le Prix de la meilleure création contemporaine.

Se produisant très régulièrement en Europe (France - Festival des Jeunes Interprètes du Boulou, entre autres -­, Italie, Belgique, Allemagne, Espagne, ...) et au Japon, les musiciens travaillent avec la volonté bien affirmée, non seulement de visiter le répertoire si riche et magnifique composé aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais aussi et surtout d'explorer et de développer en profondeur le travail de la musique d'ensemble (que ce soit sur le plan des couleurs, de la confiance et de la réactivité entre les membres ou encore sur celui de l'improvisation à plusieurs).

L’ensemble Les Timbres bénéficie du soutien du CCR d’Ambronay dans le cadre de son programme de Résidences Jeunes Ensembles, ainsi que de Cultures France.