Vendredi 16 Août 2013

Place de la Mairie - Corrençon-en-Vercors, 18h30
Le cor dans tous ses états

Joël Jody - Cor
avec la participation des stagiaires de la classe de cor de la 23ème Académie Musicale

Le cor d'harmonie (French horn en anglais) est un instrument à vent de la famille des cuivres. Il est caractérisé par son embouchure et sa perce conique qui lui confère un son doux et riche en harmoniques.

Le cor est un instrument qui a beaucoup évolué au cours des siècles. Les dénominations de cor de chasse, cor à pistons, cor d'harmonie, cor naturel, cor simple (parfois improprement utilisées) désignent un même instrument, le cor, à divers degrés d'élaboration, à divers lieux et époques, où son emploi pouvait différer de celui que nous connaissons aujourd'hui.

Le cor moderne ou cor d'harmonie est présent dans les orchestres symphoniques, de nombreux ensembles de musique de chambre et dans les orchestres d'harmonie ; il est par ailleurs souvent sollicité dans les musiques de films de toutes sortes, pour les dessins animés et les bruitages. Il est utilisé plus rarement dans le jazz.

L'embouchure du cor est de petite taille et de forme intérieure conique, différente de celles de la trompette et du trombone qui sont hémisphériques et plus larges. Cette forme conique se retrouve tout le long du tube jusqu'au niveau du pavillon, tout comme le sont le cornet à piston ou les saxhorns. Cette perce donne de la douceur au son, contrairement à la perce cylindrique des cuivres comme la trompette, qui produit un son plus brillant. Le cor est souvent perçu pour son timbre.

Joêl Jody, avec les stagiaires cornistes de la 23ème Académie Musicale d’été de Villard-­‐de-­‐Lans proposera un programme festif, afin de découvrir la famille et le répertoire de cet instrument finalement méconnu, en solo ou en ensemble.

Un mélange coloré, savoureux et chaleureux qui donnera à ce moment intense un parfum estival et festif.

Joël Jody (cors) :
Né à Nantes en 1964, Joël Jody commence l'étude du piano à l'âge de 7 ans. Après quelques années, tout en continuant cet instrument, il débute le Cor avec Jacky Magnardi au Conservatoire du IXe Arrondissement de Paris, où il obtient en 1985 un Premier Prix de Cor. Il entre l'année suivante au Conservatoire National de Région de Boulogne Billancourt dans la classe de Jacques Adnet. Il obtiendra également un Premier Prix de Cor en 1986.

Élève au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris de 1986 à 1990, il poursuit ses études supérieures à la Hochschule de Karlsruhe (Allemagne) et au Conservatoire Supérieur de Musique de Genève (Suisse) où il obtient le Prix de Virtuosité en 1994 dans la classe de Bruno Schneider.

Après avoir été corniste supplémentaire à l'Orchestre Symphonique de la Suisse Romande, il participe à de nombreux concerts d'orchestres (Ensemble Orchestral de Paris, Orchestre Jean François Paillard, Orchestre Paul Kuentz, Orchestre de Chambre de Chantilly,...) fait parti de nombreuses formations de musique de chambre telles que le Quintette à Vent d'Île de France (tournées en France et à l'Étranger), et se produit en soliste.

Titulaire du Certificat d'Aptitude, il est actuellement professeur de Cor au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Ville‐d’Avray (92) et dans les Conservatoires à Rayonnement Communal de Vanves (92) et Rungis (94). Il enseigne également la technique de respiration et d'embouchure à l'école de trompe de chasse Périnet.


Eglise de Lans-en-Vercors, 21h00
Le théâtre du monde

Ensemble baroque Chiome d’Oro
Capucine Keller - Soprano
Cecilia Knudtsen - Viole de gambe
Gustavo Gargiulo - Cornet à bouquin et flûtes
Pierre-Louis Rétat - Clavecin

"Quand Monteverdi fut porté en sa tombe, on raconte que le catafalque de l’église dei Frari à Venise fut tant rempli de bougies que l’on eût dit le ciel étoilé". Ce témoignage pourrait nous suggérer une poésie exacerbée et surtout vivante, mouvante, jamais identique.

Au tournant du XVIIème siècle, certains compositeurs ont cherché divers moyens de mettre en scène les émotions humaines, et non plus seulement les émotions des dieux. Même si les dieux ont leurs histoires, largement représentées en musique, celles des hommes sont bien plus violentes et profondes. L'amour, la haine et le désespoir sont réunis sur la même scène : la scène des vivants, le théâtre du monde. Dès la fin de la Renaissance, la musique s’efforce d’exprimer ce contenu affectif des textes en utilisant une symbolique sonore, basée sur le jeu des extrêmes, qui rappelle fortement la technique du “clair‐obscur“, initialement utilisée en peinture depuis le XVIe siècle, notamment par Le Caravage, pour créer des effets saisissants.

Ce côtoiement de couleurs claires avec d’autres très sombres sert à augmenter la tension dramatique de l’action en baignant les personnages principaux dans la lumière, alors qu’autour d’eux tout est figé dans l’obscurité, ce qui crée un fort effet de relief.

On retrouve ce procédé de contraste dans les éléments qui caractérisent la musique baroque: oppositions entre notes courtes et notes tenues, différenciation des registres graves et aigus, et symbolisation des modes majeurs et mineurs. Ces contrastes, parfois violents, créent des effets de « clair-obscur ». Le but de ces jeux de “lumières“ même en musique est de faire ressortir un sentiment, un affect. Grâce à l'art de la rhétorique, qui n'est autre que des correspondances entre la Nature et des codes artistiques conventionnés, l'art peut exprimer ces affects et toucher les hommes.

La musique est alors un véritable miroir de la vie des hommes, un théâtre du monde. Dans ce programme, les pièces choisies expriment toutes un sentiment fort, un parti pris affectif qui peut varier au fil de l’oeuvre, mais qui en fait sa force. Dans ce programme, L’Ensemble baroque Chiome d’Oro, propose de faire entendre un mélange d’airs d’opéra, de madrigaux à une voix et d'oeuvres instrumentales. Ceci a pour but de montrer que dans cette Italie du XVIIe siècle, la théorie des passions atteint toutes les formes d’expressions musicales profanes. Nous vous y présentons, entre autres, des oeuvres de Claudio Monteverdi, le compositeur italien le plus connu de la première moitié du XVIIe siècle, de Francesco Cavalli, disciple de Monteverdi et véritable spécialiste du genre de l'opéra à son époque et de Sigismondo d'India, qui est sans doute, avec Monteverdi, l’un des plus importants compositeurs de madrigaux et de monodies de sa génération et qui a su atteindre des sommets dans la dramaturgie musicale"

  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : "Si dolce e tormento"
  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : "Zefiro torna"
  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : "Venite, venite - "Quando Voglio" (Cleopatra)
  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : "Ohime, ch'io cado"
  • Giovanni-Battista Bassani (1647 - 1716) : “Stillate dolorosi miei lumi “
  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : “Lamento della Ninfa“
  • Claudio Monteverdi (1567 - 1643) : “Quel sguardo sdegnosetto“
  • Francesco Cavalli (1602 - 1676) : Aria “Volgi, deh volgi il piede“, extrait de Gli amori di Apollo
  • Alessandro Scarlatti (1660 - 1725) : Aria “Strali soavi“, extrait de Il martirio di Santa Orsola

Fondé en 2009 à Genève par le claveciniste Pierre-­‐ Louis Rétat, l'Ensemble baroque Chiome d'Oro a choisi d'explorer le monde de la musique baroque par le biais de la relation entre le texte et la musique.

Partant du rythme naturel de la prosodie du texte, l’ensemble cherche à retrouver un certain naturel ainsi qu'une simplicité dans son approche musicale. Cette liberté dans la déclamation vocale permet de développer une liberté de jeu également chez les instrumentistes et de s’abandonner à l’improvisation d’une tout autre manière. L'influence de la vocalité sur l'esthétique instrumentale est saisissante.

Par ailleurs, l'Ensemble Chiome d'Oro, parallèlement à la prosodie, cherche à exploiter les facettes du fameux clair‐obscur, des fluets rayons de lumière déchirant l'obscurité à l'atmosphère chaude et lumineuse de l'été italien.

Grâce à l'apport d'une trentaine d'années de "re-découvertes" et d'approfondissements, la musique ancienne recommence à devenir une musique vivante et fraîche.

Ensemble ayant bénéficié du soutien du Centre culturel de rencontres d'Ambronay dans le cadre des résidences Jeunes Ensembles 2010.

Nos jeunes musiciens, de divers horizons (Argentine, Brésil, Espagne, France et Suisse) se produisant déjà au sein d'ensembles prestigieux, jouent sur des instruments "historiques" et ont pu approfondir divers traités sur l'ornementation ou sur les théories musicales de l'époque.

Ils ont donc souhaité se réunir pour explorer les chemins de la rhétorique italienne du XVIIème siècle - si chère aux comédiens, aux poètes et aux peintres - qui bien sûr transparaît dans la musique plus tardive du XVIIIème siècle (Montéclair, Bach, Haendel, Corelli, Telemann, ...).

Pierre-­Louis Rétat (clavecin et direction) commence sa formation de claveciniste auprès de David Morand, puis de Georges Kiss au Conservatoire d'Annecy, avant d'étudier au CNR de Boulogne Billancourt, cursus Musique Ancienne, avec Laure Morabito. Il complète ensuite sa formation en intégrant le Master de Maestro al Cembalo de la Haute Ecole de Musique de Genève dans la classe de Leonardo Garcia-Alarcon, et obtient son prix en 2009.

Depuis 2007, Pierre-Louis Rétat est l’organiste titulaire des orgues d’Anières et Vésenaz (canton de Genève) où il a l’occasion d’organiser régulièrement des concerts. Il est également souvent sollicité comme accompagnateur notamment pour le concours international de Genève 2010 (Hautbois).

Depuis 2011, il organise des stages de découverte de la musique baroque, fondés sur l'expérimentation, l'appropriation et la pratique, destinés aux enfants et aux futurs professionnels. Pierre­-Louis Rétat a participé à l’académie baroque d'Ambronay, sous la direction de Jean Tubéry, et se produit en tant que claveciniste-continuiste au sein d’ensembles tels qu' Elyma, Les Agrémens ou la Nouvelle Ménestrandie, ainsi que sous la direction du chef argentin Leonardo Garcia-Alarcon. Il participe aussi à plusieurs enregistrements pour les labels K617 et Ambronay Edition.

En 2009, Pierre-­‐Louis Rétat fonde l'ensemble Chiome d'Oro qu'il dirige depuis le clavecin et l'orgue, puis en août/septembre 2011, il est invité à diriger un projet d'opéra (musique, scène et multimédia) autour de Purcell, à Mexico DF, en coproduction avec le Theater Transparent (Belgique).

En 2013, il est l'assistant de Leonardo Garcia-Alarcon, pour l'Orfeo de Monteverdi, lors de la 20ème Académie Européenne d'Ambronay.