Vendredi 15 Août 2014

Eglise de St-Agnan-en-Vercors, 18h30
Aux frontières de deux mondes

Narey Muller - Violon
Romain Hugon - Violoncelle

Aux frontières de deux mondes où duos pour violon et violoncelle de l’entre-deux-guerres.

Dans ce vaste continent qu’est la musique de chambre, le duo pour violon et violoncelle n’est certes pas le chemin le plus fréquenté. Mais, au lendemain de la Première Guerre mondiale, alors que l’Europe se laissait emporter par la fièvre du jazz et de la musique tzigane, que la grande musique se retrouvait, entre tradition et modernité, aux frontières de deux mondes, quelques compositeurs d’exception relevèrent avec brio le défi que pose une formation si restreinte. Ces orfèvres devaient laisser de fins bijoux, aux chiarascuro délicatement ouvragés, miroitant entre de sombres rougeoiements de braise et les vifs éclats d’éblouissantes étincelles.

En décembre 1920, deux ans après la mort de Debussy, la Revue musicale publia en sa mémoire un numéro spécial, une collection de brèves oeuvres inédites qui lui étaient dédiées. Stravinski, Bartók, De Falla, Roussel et Dukas avaient entre autres répondu à l’appel. Ravel offrit un mouvement pour violon et violoncelle, faisant écho au projet de six sonates “à la française“ que leur ami avait entrepris dans les dernières années de sa vie, mais n’avait pu qu’à moitié compléter. Hanté par l’idée d’y ajouter trois autres mouvements pour en faire une véritable sonate, Ravel y travailla par la suite pendant plus d’un an, ne cessant de remettre sur le métier ce travail qui ne tenait qu’à deux fils. Le soir de la création, le 26 avril 1922, on fut renversé par la densité du discours et l’étonnante palette sonore que le compositeur sut faire ressortir de ces deux seuls instruments.

“Il faudrait que Ravel écrive la réduction de son duo pour grand orchestre, nota avec une admirative ironie le musicologue Roland-Manuel. Vous faites jouer la flûte au violoncelle et du tambour par le violon“ s’exclama l’une des créatrices de l’oeuvre, la violoniste Hélène Jourdan-Morhange. En effet, dès le début, et en plusieurs moments tout au long des quatre mouvements, la mélodie, émaillée de notes flûtées en harmoniques, plane dans le registre supérieur du violoncelle au-dessus du violon qui l’accompagne. Mais, à d’autres moments, des jeux complexes de pizzicati, doubles cordes ou accords brossés, présentent non seulement au violon, mais aux deux instruments, toute une panoplie de surprenants effets percussifs, dont certains sont d’une féerique poésie. Au début du second mouvement, par exemple, un tic-tac d’horloge se dissout en un mystérieux bruissement, comme submergé par la vie invisible s’éveillant du silence d’une nuit sans lune.

En 1928, dans une Esquisse autobiographique, Ravel devait noter au sujet de cette sonate : “Tournant dans l’évolution de ma carrière. Le dépouillement est poussé à l’extrême. Renoncement au charme harmonique, réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie.“ Le moins que l’on puisse dire, c’est que Ravel avait mis la barre haute pour ses successeurs…

Au programme :
  • Zoltan Kodaly (1882 - 1967) : Duo op.7 pour violon et violoncelle
  • Gaspar Cassado (1897 - 1966) : Suite pour violoncelle seul (Prélude-fantaisie, Sardane, Intermezzo et danse finale)
  • Maurice Ravel (1875 - 1937) : Sonate pour violon et violoncelle (Allegro - Très Vif - Lent - Vif, avec entrain)
  • Enrique Granados : Intermezzo et Zarabanda
  • Ernesto Nazareth : Bamboino
  • Maximo Diego Pujol : Café para dos

Place de la Mairie - Corrençon-en-Vercors, 18h30
Sambossa

Pascal Pacaly - Guitare
Sylvain Courteix - Contrebasse
Philippe Cornus - Percussions
avec la participation des stagiaires de la classe de cor de la 23ème Académie Musicale

A l’origine, il y a l’improvisation. Le ferment majeur de l’évolution musicale est la recherche sur un instrument. Tous les instruments invitent à l’improvisation, mais les polyphoniques lui ouvrent un champ plus vaste et plus complexe. Depuis le guitariste en quête d’un accompagnement, en passant par les musiciens de jazz, l’improvisation fleurit en jaillissement de structures sonores maîtrisées et resplendit en oeuvres d’art fugitives.

Ces trois musiciens, amis de la scène musicale, nous proposent un concert apéritif énergisant, autour de différents morceaux issus de la musique sud-­‐américaine, de la mélodie, du jazz et même de la danse… Philippe Cornus, percussionniste charismatique et investi, Pascal Pacaly guitariste aux doigts volant littéralement sur son instrument, et Sylvain Courteix, contrebassiste aguerri de la scène classique et jazz, proposeront un concert découverte et un voyage dans le monde des innovations sonores instantanées, inscrits dans notre mémoire collective; ils nous envelopperont de leurs sonorités dynamiques et envoûtantes.

Quelques stagiaires de la 24ème Académie Musicale d’été de Villard-de-Lans se joindront à eux sur quelques morceaux de ce moment musical.

Un mélange coloré, savoureux et chaleureux qui donnera à ce moment intense un parfum estival et festif.

Musiques latines, jazz et improvisées